Comment j’ai embauché 50 personnes à toute vitesse

Job de NainC’était l’année dernière, je montais une start up dans les nouvelles technologies du web qui bouge. Il y avait une sorte de feu sacré qui émanait de l’équipe des fondateurs et nous nous sommes retrouvés très vite à présenter notre pitch à des gars de la Silicon Valley qui avaient à eux tous plus d’argent que le budget militaire de la Guinée Bissau.

Ils ont craqué leurs stylos avant la fin de la réunion, tellement ils étaient chauds pour nous signer un chèque. Et en moins de deux on s’est retrouvés avec un demi-million de dollars sur le compte en banque de la société. Comme le projet était ambitieux et internationaaaal, on s’est tout de suite mis à publier partout sur terre des offres d’emploi pour recruter une équipe de tueurs dimensionnée à notre ambition (démesurée donc).

On était malins, et malgré toutes ces pépettes qu’on avait rentré, on a publié nos annonces sur des sites d’offres emploi gratuites, mais gérant des tonnes de choses à la fois, c’est là que j’ai laissé déraper le truc. J’étais débordé par toutes mes tâches d’entrepreneurs et je dormais peu, travaillant en mode semi-conscient la plupart du temps. Et voilà que je me suis retrouvé avec des milliers de CV à lire venant des 4 coins du globe. Il y avait des hackers russes, des designers du Nigéria, des masseuses thaïlandaises (j’avais du publier cette annonce dans un moment d’égarement), des chefs de projets libanais, des gardes du corps tchèques ayant servis dans des milices privés en Irak (sans doute afin de protéger les masseuses dans mon subconscient de « startupeur » délirant), et aussi des consultants-shamans amérindiens (ils devaient être missionnés pour trouver le business model).

Et puis, un jour, venant d’un coin perdu de Moldavie, a débarqué au bureau une cohorte de 50 nains : tous acrobates, jongleurs, ou cracheurs de feu.. certains tellement vilains et effrayants, qu’une de nos stagiaires a immédiatement démissionné.

Je me suis alors souvenu que j’avais publié une annonce traduite à l’arrache sous Google trad pour un quelconque boulot de sous-fifre. Il devait y avoir eu maldonne quelque part.

Toujours est-il que j’ai géré tout ce bazar comme j’ai pu. Les autres fondateurs m’ont gentiment remercié de mes initiatives burlesques en me dégageant du conseil d’administration. La start up en question a fait faillite… et moi, je suis l’heureux propriétaire d’un cirque ambulant qui sillonne les régions enclavées d’Europe de l’Est.

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